Technopolis est une association de réflexion sur les Nouvelles Technologies. Du e-commerce à l'économie collaborative, du Big Data aux GAFA, le Numérique bouleverse la société d'aujourd'hui et crée le monde de demain. Sans prétention, notre webzine cherche à analyser leurs conséquences, sur des sujets variés, à travers les contributions de chacun. Bienvenue !

Édito

 

 

  Lorsqu’on réfléchit aux implications de la révolution impulsée par le numérique dans l’ensemble des secteurs traditionnels, on ne peut qu’être d’accord avec la thèse de Gilles Babinet, ancien président du Conseil National du numérique et serial entrepreneur, qui estime que la révolution actuelle pourrait compter parmi les trois grandes inflexions de l’humanité. Accélérant l’histoire comme l’invention de l’écriture par la civilisation sumérienne et l’invention de l’imprimerie par Gutenberg, cette révolution digitale représente, selon l’auteur de L’ère numérique, un nouvel âge pour l’humanité́ (2014), une rupture de paradigme majeur pour l’ensemble de notre civilisation.

 

Formidable incubateur de bien être et outil de progrès, le numérique est à la fois un levier de développement puissant et un outil de surveillance d’une redoutable efficacité. Permettant aussi bien la distribution massive du savoir et des techniques de santé que la transformation des problématiques de vie privé, il appelle à une véritable prise de conscience de la part des institutions, qui doivent réguler ce nouveau secteur, autant pour créer les conditions du profit que pour protéger leurs citoyens. Benoît Thieulin, autre ancien président du Conseil National du Numérique, a insisté sur cette nécessité lors d’une conférence le 18 février 2016 : grâce à l’incubation des données, le numérique permet de savoir mètre par mètre comment nous nous déplaçons depuis que nous sommes munis d’un portable. Il présuppose également sans trop de risques qu’un dictateur tel que Staline, qui avait installé le contrôle des communications par l’ouverture des courriers, n’aurait jamais rêvé d’un tel pouvoir. Ce phénomène du « Big Data », peut s’apparenter à un autre phénomène, de la même famille, celui du « Big Brother ». Dans le premier cas, on s’interroge sur l’identité de la personne qui nous surveille, dans le second, sur  l’utilisation des ressources de la surveillance : les données.

 

En 2015, chaque jour, on estime que 145 milliards de courriels ont été échangés, qu’il y a eu 4 milliards et demi de recherches sur Google, 104 000 heures de vidéos postées sur Youtube, et 552 millions d’utilisateurs connectés sur Facebook. Selon plusieurs études, ces chiffres sont amenés à doubler tous les deux ans. Ces données, loin de se cantonner aux réseaux, renforcent et modifient la stratégie de pans entiers de l’économie. Pour le secteur de l’assurance, les données symbolisent une possibilité d’indexer les tarifs aux données des utilisateurs ; pour les banques, un moyen de sécuriser les prêts en se renseignant sur les futurs emprunteurs. Les services municipaux de la ville de New York disposent de données déterminantes sur les immeubles risquant l’incendie. Cette utilisation des données à outrance à également crée de nouveaux besoins. La Suisse se transforme peu à peu en coffre fort numérique, hébergeant une masse considérable de serveurs  de clients inquiets sur l’utilisation de leurs données personnelles. A la fois outil puissant et instrument de surveillance, le Numérique provoque de nombreuses questions dans le débat public.

 

C’est justement dans le but de l’alimenter que s’est créé Technopolis. Webzine collaboratif, notre site cherche sans prétention à aborder tous les sujets relatifs à ces disruptions. Des smart cities à la FinTech, de « l’e-administration » au droit, Technopolis cherche à comprendre les enjeux soulevés par les Nouvelles Technologies à travers les contributions de chacun. De longueurs variées, nos articles sondent des thèmes qui le sont tout autant avec plaisir et curiosité. Bonne lecture ! 

Hector de Rivoire et Maxence Aubert